Confidence d’entrepreneuse #5

Confidence d’entrepreneuse #5

30 décembre 2020 / Confidence d'entrepreneuse

J'ai quelque chose à vous dire... j'ai peur

Un grand grand merci d’avoir lu les quatre premières confidences j’espère que le format vous plaît et que chaque lecture vous permettra de menez à bien vos projets. N’hésitez pas à me le dire.

Avril 2019 je suis dans le bureau de ma N+1 et je lui annonce que je quitte mon job de cadre dans un des établissements les plus porteurs de la région lyonnaise, avec une liberté de travail, une équipe au top, une éthique et des valeurs et qui plus est un job bien rémunéré.

Sa première question est « Combien vous voulez ? » Mais cela n’a plus rien à voir avec le salaire cela à voir avec mon bonheur.

Jonathan Lehman explique dans son TEDX « Les antisèches du bonheur » que celui-ci (le bonheur, pour celles qui n’auraient pas suivis) ne dépend pas du succès, ni d’un salaire ou encore d’une belle situation.

3 ans que j’ai repris le chemin du salariat et 3 ans que je clame haut et fort que je ne veux plus monter ma boîte même si je trouve des nouveaux concepts à monter toutes les semaines je n’actionne rien. Vous savez ce que j’ai pendant ces 3 ans : La peur, j’ai une boule au ventre rien qu’à l’idée d’être la seule et unique responsable de mes revenus. La sécurité de l’emploi me convient bien. Enfin c’est ce que je tente de me persuader. Et puis les enfants sont en école alternative, et puis ma petite dernière est trop petite et puis j’ai plus envie de travailler 70h par semaine et puis et puis et puis…

Ma N+1 accepte ma rupture conventionnelle et avec beaucoup de larmes je quitte cette équipe qui m’a réconciliée avec le management. Je quitte ce groupe qui m’a énormément apportée pour… ne rien faire.

Juillet 2019 nous voilà de retour à Annecy. Tout l’été je profite de mes enfants, du lac… Je retrouve mes amis, puis septembre arrive vite et là c’est l’immobilisation totale. J’attends un signe… Plus le temps passe et plus je m’immobilise. Je fais des tartes aux pommes, des couronnes de fleurs moches et je fais des to do list que je ne fais pas. Plus mon entourage me dit de prendre mon temps et plus je m’immobilise. Je deviens une paralysée de l’entrepreneuriat, j’ai des idées constamment, je veux créer, je n’ai pas changé mais je me demande pourquoi je ne bouge pas de mon canapé.

Dans le film « Les heures sombres » sur la vie de Winston Churchill celui-ci dit « Le succès n’est pas final, l’échec n’est pas fatal. C’est le courage de continuer qui compte. ». Je ne veux plus être celle qui admire le succès et le courage des autres, je dois faire un premier pas.

L’introspection a selon moi ses limites. A force de me poser des questions je ne fais rien de ma vie, j’envie celle des autres. Et plus j’envie celle des autres et plus je trouve ma vie triste. J’ai beau être centrée sur moi-même, lire tous les livres de développement personnel si je ne bouge pas de mon canapé tout ça ne servira à rien.

Je ne sais pas si j’aime ou si je déteste David Laroche mais à chacune de ses vidéos cela me bouscule un peu plus, Il explique dans sa vidéo de 3 minutes « Arrêtes les Excuses et Bouge ton c** !! » que dans notre société on nous fait croire qu’avoir peur c’est un problème et je crois profondément qu’il a raison.

Décembre 2020 je décide d’actionner et j’arrête d’écouter mon mental. Dans le carnet d’exercice du Miracle Morning je crée des affirmations Bulldozer. Je détermine mon Quoi, Pourquoi, Comment et Quand. Cela donne que je suis déterminée à créer mon entreprise d’ici décembre 2020 pour m’épanouir professionnellement et vivre de mon activité en travaillant sur mon projet tous les jours de 08h à 17h. Maintenant il faut actionner.

On a commencé pour mes ateliers de dégustations à faire un site internet. J’ai créé des ateliers à thèmes, défini mon offre et je suis allée à la rencontre de chef avec qui j’avais envie de travailler.

En parallèle je monte une association pour femmes entrepreneuses, jusque-là rien de complexe tout se passe derrière mon ordinateur, une page facebook, un compte insta. Le plus difficile reste à venir (CF confidence #3 où je reste figé quand je dois déposer des flyers chez des commerçants). Je dois demander à Adeline du Day By Day si on peut faire la première réunion chez elle. Un évènement facebook et 15 inscrites plus tard, nous nous retrouvons le 28 Janvier 2020 au premier évènement de Who Run The World. J’ai tellement peur, la voix qui tremble je suis en train de créer quelque chose; pour vraiment me confier, le midi même je pensais annuler tellement j’avais peur.

Aujourd’hui un an plus tard mon activité de sommelière est à l’arrêt mais c’est indépendant de ma volonté.

Le collectif est celui que vous connaissez avec la success story qu’il a connu en un an et je ne regrette pas d’avoir franchi ce premier pas. J’ai encore peur car à partir de janvier je vais devoir me rémunérer, je ne vous cache pas que certains jours je regarde les annonces pôle emploi mais bon le métier de sommelière n’est pas très recherché en ce moment et puis la raison revient je suis à ma place, ce que je fais à du sens pour moi alors j’actionne. Je sens que ce que Siham Jibril de Génération XX appelle la lune de miel avec Who Run The World touche à sa fin. Que nous quittons le moment euphorique de la création et que nous arrivons au syndrome du premier plateau. Une période pendant laquelle les choses n’avancent pas aussi vite qu’espérées. C’est ce sentiment de voir son entreprise stagner. C’est le moment de se remettre en question et ne pas abandonner car je suis convaincue que notre entreprise doit exister.