Confidence d’ entrepreneuse #18

Confidence d’ entrepreneuse #18

19 mai 2021 / Lettre d'entrepreneuse

By Sabrina Secret Pairing

Est-ce que je vous ai déjà parlé du zen’eat …

Le Zen’eat est ma deuxième affaire que j’ai ouverte le 17 septembre 2010. C’était mon premier restaurant. Je l’avais tellement imaginé et rêvé. 13 ans que je travaillais à différents postes dans la restauration, j’avais eu le temps de penser à comment je ferais le jour où j’aurai mon propre restaurant. Et puis c’est arrivé si vite …

 

Un soir de Juin 2010 alors que je mangeais chez mon amie Armelle, celle-ci m’appris que suite à un accident de la route sa tante qui venait d’ouvrir un restaurant à Mesigny beach ne pouvait plus s’en occuper et elle recherchait quelqu’un pour reprendre. Le restaurant était ouvert depuis quelques mois ce qui faisait que le prix du fond de commerce était accessible pour une première affaire.

Je suis tombée en amour tout de suite pour cet établissement. Une grande cuisine, un appartement au-dessus (parfait pour la jeune maman célibataire que j’étais), une salle de 25 couverts, une cave, un bar et une possibilité d’extension et de faire une grande terrasse.

Je n’ai pas longtemps réfléchi. J’ai quitté mon job d’adjointe de direction dans un hôtel, j’ai monté un business plan avec un expert-comptable et j’ai créé le concept de mon établissement. Le zen’eat sera un restaurant dansant avec un buffet sous forme de verrine et bocaux à volonté. J’ai constitué une belle carte de vins et chose inattendue surtout j’ai remis le tablier de mon premier amour celui de cuisine. Je n’avais pas remis les pieds officiellement dans une cuisine depuis mon BEP cuisine en 1997 (La France n’était même pas championne du monde 🏆). J’ai travaillé la carte avec des amis chefs, elle était simple de saison avec des producteurs locaux et surtout elle sera à la hauteur de ce que je savais faire, une cuisine de famille mais dans des bocaux.

 

On remarquera la qualité des photos culinaires en 2010

Aout 2010 j’ai l’accord de prêt, les travaux de décoration, l’aménagement et la création de la terrasse sont en cours, les tests cuisine sont concluants, je récupère des recettes de cuisine de famille et pas que forcément les miennes, je fais faire une cabine pour le Dj, un vidéo projecteurs pour les soirées karaoké et surtout une piste de danse. Je veux qu’on mange sur du Jean Luc lahaie et qu’on danse en mangeant les rissoles de l’arrière-grand-mère de mes enfants.

Le 17 septembre 2010, c’est l’inauguration … tout a été si vite. Tellement vite que malgré un BTS en gestion hôtelière et des postes de direction je n’ai pas pris le temps de faire l’essentiel : Calculer mes prix, mes coûts de revient, ma marge … Alors j’ai fait une énorme erreur j’ai calculé mes prix avec de l’émotionnel. Je repassais en cuisine sans être une experte, mon syndrome de l’imposteur a décidé pour moi : le menu à volonté serait à 13€ le midi et 24€ le soir.

J’ai fait une énorme erreur je n’ai pas osé mettre de la valeur sur moi et sur mon travail. Plus tard j’ai pris le temps de calculer mes ratios c’était une catastrophe, je devais augmenter mes tarifs de 9€ le midi et 15€ le soir … Mon restaurant était plein midi et soir, les gens venaient manger et faire la fête, on rigolait tous les jours mais les chiffres n’étaient pas au rdv. Mon comptable m’a alarmé au bout de 6 mois, soit on changeait notre manière d’acheter nos produits soit on augmentait nos prix. On payait nos factures, les salaires ( sauf le mien)  mais on ne sortait aucun bénéfice.

J’ai réussi à me raisonner grâce à l’aide de mes anciens confrères mais alors que j’allais annoncer ce changement de tarif j’ai reçu un mauvais commentaire sur notre page facebook . 

J’ai été littéralement coupée dans mon élan. 3 mois plus tard j’étais à bout de force, je gérais la cuisine, le service parfois le bar, le ménage, les courses, la compta, la gestion en tant que maman solo. Le zen’eat allait fêter sa première année et je devais embaucher un chef mais la situation du restaurant ne le permettait pas. Alors j’ai pris une décision horrible que nombreux d’entrepreneurs prennent alors qu’ils ne manquent pas de clients. J’ai décidé de vendre, très vite.  Je ne voulais plus de cette vie où je n’étais pas en possibilité de me verser un salaire et je refusais de vivre sur les aides.

.Le 17 septembre 2011 je fermais les portes du Zen eat … Un an après jour pour jour avoir fait l’inauguration.

Mon manque de discernement ET de confiance en moi ont pris le dessus sur du rationnel et du factuel. On ne peut pas dire que je ne savais pas faire, c’est juste mon mental qui a pris le dessus sur des chiffres.

10 ans plus tard je sens encore parfois que c’est difficile pour moi de mettre des prix à la hauteur de mon travail et de mes compétences mais je m’en tiens aux chiffres du marché, aux calculs et aux mathématiques. Je reste fixée sur la valeur que je m’attribue (ma marge) sur l’ambition que j’ai pour ma société, car aujourd’hui je sais que l’argent est une énergie qui circule et qui permet d’accéder à des rêves, qui permet de mettre en place des actions pour accéder à ses ambitions.

C’est pour ceci que lors d’une énième discussion ( le pauvre, je lui fais vérifier mes calculs tous les trimestres)  avec Laurent notre expert-comptable pour m’assurer que nous étions bien dans les clous , que notre marge était bonne que cela va nous permettre d’aller encore plus loin que je me suis dit qu’il fallait absolument qu’on vous parle de cette erreur que de nombreux entrepreneurs font :

Ne jamais fixer vos tarifs avec votre confiance en vous et la valeur que vous vous attribuez.

( Sauf si votre mindset vous le permet bien sûr) 

 
26 Mai

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